Mairie de Soues

Patrimoine

Le Moulin à papier

                                    Le Moulin à papier de SOUES      

 

Texte écrit par Jean François Perrut - pour la  Commission Patrimoine de Soues - 1 Juillet 2018

Dans l’état actuel de nos recherches, voici quelques mots sur la papeterie de Soues :

Le site :

Derrière la pharmacie de Soues, on trouve une grande porte d’entrée à un bâtiment long de 38 m qui enjambait le canal alimenté par l’Adour ; l’eau du canal entrainait un moulin qui lui-même actionnait les maillets de fabrication ; On trouve un peu plus loin une porte cochère entourée de deux piliers de marbre ; celui de gauche porte l’inscription « papeterie ». A ce niveau existait un deuxième bâtiment qui abritait peut-être lui aussi un deuxième moulin ; entre les deux, un bâtiment qui servait d’écurie (plan Napoléon de Soues 1817).

 

L’histoire :

Au 13° siècle, apparaissent en France les premiers documents d’archives écrits sur papier, tels que les « Minutes de Notaires marseillais »(1248) ou le « registre des Enquêteurs d’Alphonse de Poitiers (1243). Mais c’est au 14° siècle que sont construits les premiers moulins à papiers français : à Troyes (1348), et Essones (1354). (N1)

Du temps de Louis XIV, le Seigneur de Mua, Seigneur de Barbazan, possédait plusieurs moulins à Soues :

En 1682, il confie ce moulin à papier,  existant déjà, en fermage à François Poutou, papetier de la ville de Thiers (Auvergne) résidant à Soues(N2). L’année suivante l’affaire passe à François Dutel, maître papetier natif de Clermont, habitant la ville de Nay (N2) ; Puis ce fut, en 1689,  Léonard Brun, de Mirepeix, associé à Dutel.

 

N1       Source : histoire du papier in le papier.fr

N2       Source : abbé Duffo, revue des Hautes Pyrénées 1936, p 32-37, A.D. 3JB4//23

Estienne Munier venant de Limoges prend la suite en 1691. Après sa mort, son fils, Pierre Monié (le nom a changé) exploite la fabrique à partir de 1697(N2) ; il a 19 ans. Pierre Monié développe l’entreprise, renommée dans la région, fabrique un papier réputé et devient riche : Il habite la maison du Collège. Il fonde une papeterie à Tarbes en 1734 sur le canal oriental (N2).

A la veille de la Révolution, la fabrique de Soues est à l’abandon : En 1781, Joseph Ferran, négociant à Soues achète le moulin, « délabré et ruiné », aux Sieurs de Castelbajac, propriétaires en difficultés financières(N3). Il remonte l’affaire, emploie 12 ouvriers, devient Maire de Soues(N4). Puis son fils lui succède.

Au 20° siècle, Ces murs connaissent une nouvellevie : Pendant la première guerre mondiale, un y fabrique des guêtres pour l’armée.

Ernest Escoubet, exploitant forestier, possède le moulin « Fitte », un moulin à scie (et à farine ?) (site de la glacière) ; il range et répare ses camions de transport de grume dans ces bâtiments de la papeterie ; la turbine verticale de la papeterie fournit l’électricité nécessaire pour faire tourner les machines de l’atelier (années 1920-1940) ;

Après la deuxième guerre mondiale, Ernest Escoubet crée dans ces bâtiments une fabrique de limonade eau de Seltz (N5)

Enfin, dans les années 1960, la famille Escoubet crée un élevage d’écrevisses et de truites : 6 à 8 bassins sont aménagés le long du canal. A la saison, les pécheurs des environs qui ne voulaient pas rentrer bredouilles chez eux pour le déjeuner s’arrêtaient leur acheter quelques truites « fario » en passant ! (N6)

 

N3       Acte notarié, copie in archives patrimoine, Mairie de Soues, clt P.6.1.2.

N4       Jean Claude Bégué documents et photos in archives Patrimoine Mairie de Soues, clt P.6.3.1

N5       Inventaire des pièces remises par M Ferran ex Maire à M Alexandre Baduel, Maire actuel, 31 Aout 1815 copie in archives patrimoine Mairie de Soues clt papeterie

N6       Cité par M Me Noel, propriétaires actuels

 

La fabrication du papier en 1800 : le matériel se composait de « tour, arbres, pilles, presses, platines, gripes, estendoirs et cordages » (N2); on fabriquait le papier, feuille à feuille,  à partir  de chiffons, avec la technique du maillet ; la fabrication comportait : triage du chiffon, lavage du chiffon (au savon de Marseille), pourrissage du chiffon (fermentation de 10j pendant l’été, de 12 à 15 jours pendant l’hiver), trituration, travail de la cuve, travail de l’ouvreur, travail du coucheur, le feutrage, le collage (apport de colle et d’alum) et le séchage*.

 

* »Observations sur la fabrication du papier dans notre papeterie », écrit par Bernard Ferran vers 1800, A.D. « lettres Ferran » clt 2009/0058

L’alum, sel d’aluminium, sert de fixatif pour les couleurs